E-mail mairie
Bonjour, nous tenons à vous informer que la mairie a un nouvel e-mail. Mettez à jour vos carnets d'adresses !
Par Julien Aguin, le 10-09-2008 09:29
- Dossiers
-- Le village de Voisenon | Plans | Histoire locale | Le blason | Fusée de Voisenon

UN PORTRAIT RAPIDE

La présence de la famille des Fusée (ou Fuzée) est signalée dans les archives dès le début du treizième siècle à Voisenon.. La famille possédait le château aujourd'hui tenu par l'Institution Nazareth, collège de l'enseignement privé catholique. Contrairement à ce que la plupart des biographies affirment, c'est à Paris et non au château de Voisenon que Claude Henry Fusée est né le 21 juillet 1708. Il a été baptisé le lendemain de sa naissance, dans la paroisse de Saint-Gervais. (La famille avait un domicile parisien, rue Saint-Louis ) On peut lire dans les mémoires de Casanova ces quelques lignes:" Cet aimable abbé, auteur secret de plusieurs comédies, avait une petite santé attachée à un très petit corps; il était tout esprit et gentillesse, et fameux par ses bons mots saillants, tranchants, et qui pourtant n'offensaient personne. Il était impossible qu'il eût des ennemis, car sa critique glissait à fleur de peau. "
Dès son plus jeune âge, il fut atteint d'un asthme aigu, et, plusieurs fois au cours de sa vie il eut des crises telles qu'on le donnait pour mort !


Fusée DE VOISENON
« D’azur, à trois fusées d’or,
rangées en fasce »

Où est né Claude Henry de FUSÉE de VOISENON ? (1708-1775)

 

Des éléments pour répondre définitivement ?

«Abbé de cour. »
Membre de l'Académie Française.
Avant-dernier abbé de l’abbaye du JARD.
Descendant des FUSÉE de VOISENON, seigneurs de Voisenon depuis le 15 ième siècle.






Recherche menée dans le cadre du projet
« Un académicien dans son temps, l’abbé de Voisenon au 18 ième siècle »

C'est une erreur très répandue de faire naître Claude Henry de Fusée au Château familial à Voisenon (village situé à proximité de Melun en Seine et Marne) le 8 juillet 1708. Cette méprise trouve probablement son origine dans la première publication des œuvres complètes de l'abbé de Voisenon en 1781 par la Comtesse Turpin de Crissé (1) qui avait joint une biographie. Ensuite, les dates et lieux ont été repris par les différents biographes de l'abbé, y compris par Jean COMOY, historien local auteur de l'ouvrage « Un Abbé de cour sous Louis XV » (1959)


Mais Gabriel Leroy (1834-1908), historien de MELUN relève l'erreur (est-il le premier?)

Parmi ses notes manuscrites nous trouvons ces quelques lignes : (2)

« Tous les biographes en le faisant naître (l'Abbé de Voisenon), au Château de Voisenon, ne sont pas plus exacts que dans l'indication de la date de naissance »

Il ajoute, quelques lignes plus loin : « On dit aussi, parmi d'autres erreurs, qu'il avait pour marraine Madame DOUBLET, dans le salon de laquelle BACHAUMONT rédigeait ses mémoires (3). Elizabeth de Voisenon qui le tint sur les fonds baptismaux, mourut célibataire, le 4 octobre 1743, et fut inhumée, au JARD, en présence de l'Abbé, son neveu et filleul, de l'Abbé de Geneste, de plusieurs bourgeois de MELUN, du Sieur de TREMBLAY de RUBELLES ».

Pour confirmer ces notes éparses et manuscrites, nous trouvons, dans son célèbre ouvrage Le vieux Melun (1904), au début du chapitre XIII, «L'Abbé de Voisenon et son valet », l'affirmation suivante : (4)

« Né à PARIS, Paroisse St Paul, le 21 juillet 1708, l'Abbé de VOISENON,... »


Citons enfin, une note extraite d’un registre paroissial de la Paroisse St Gervais (reproduction page suivante) :

Acte de naissance de l'Abbé de Voisenon, extrait des registres de la Paroisse St GERVAIS de PARIS ; (5)

« Le dimanche 22 JUILLET 1708, Claude Henry, fils de messire Louis-Claude de Fusée, chevalier, seigneur de Voisenon, Éprunes, Galandre, Lugny et autres lieux (6), gentilhomme ordinaire du Roy, et de dame Marie Anne de PALERNE, son épouse, demeurant rue St-louis, a été baptisé, étant né d'hier. (21 juillet) Le parrain, messire Henri-augustin Le Pileur, prestre, bachelier de Sorbonne, Abbé de ND de Bonnevaux ; la marraine demoiselle Elizabeth de FUSÉE de VOISENON »
(signés) Louis Claude de Fusée de Voisenon, l'Abbé Le Pileur, Élisabeth Fusée de Voisenon (7), François Perret, curé de St Gervais.
«L'Abbé de Voisenon mourut au Château de Voisenon le 22 novembre 1775 ».

Nous pouvons donc affirmer que Claude Henry de Fusée de Voisenon, dit " l'abbé de Voisenon " est né à Paris le 21 juillet 1708.

(1) Mme Turpin de Crissé fille du Maréchal de Lowendhal ; épouse du comte Lancelot Turpin de Crissé, (1716-1795) maréchal de camp.

(2) Archives Départementales de Seine et Marne. Série F ( 968 f 52). Archives privées, érudits.

(3) Bachaumont ; littérateur et chroniqueur (1690-1771) connu pour ses « Mémoires secrets pour servir à l'histoire de la république des lettres ». Celui qui a lu les « Mémoires secrets » peut se dire qu'il a vécu pendant quelques heures de la vie intime du siècle de Voltaire et de Louis XV ». Le salon de Mme Doublet fut, pendant 40 ans, l'un des premiers de Paris.

(4) D'autres ouvrages dont une série d'articles parus sous le titre « La vie authentique de M. l'Abbé de Voisenon » dans le Mercure de France, en février 1916, confirment et soulignent ces erreurs de date et de lieu de naissance de l'Abbé.

(5) Né rue St Louis, dépendant de la Paroisse St Paul, il fut néanmoins baptisé à St Gervais, très proche, et qui était la Paroisse de sa mère. Sa mère est décédée très jeune puisque Marie Anne de Palerne mourut « âgée de 21 ans et 4 mois » et fut inhumée à St Gervais le 7 mai 1710 et à l'Abbaye du JARD dans la sépulture de la famille de son mari ». ( Dans la Chapelle des ancêtres des Fusée, Seigneurs de Voisenon, dans I' église abbatiale du Jard).

(6) Éprunes et Galandre, commune de Réau ; Lugny à Moissy-cramayel.

(7) Élisabeth de Fusée de Voisenon, sœur de Louis Claude de Fusée, était sa tante.

 

> voir la reproduction du document cité: Acte de naissance de l'abbé de Voisenon, extrait des registres de la paroisse St Gervais de Paris.

LA VIE ECCLESIASTIQUE

Rapidement, il fut attiré par les lettres, on dit qu'il a été encouragé dans cette voie dès l'âge de 11 ans par Voltaire. Mais, il se dirigea vers la vie ecclésiastique, entrant au grand séminaire de Boulogne sur mer, où, auprès de M.Henriau son oncle, il devint prêtre, chanoine, grand vicaire, et mena pendant une dizaine d'années une vie relativement sage, même s'il semble avoir pris des libertés avec les usages relatifs à la fonction. En avril 1742, il obtint l'abbaye du Jard ( aujourd'hui, l'église abbatiale n'existe plus, on peut à peine deviner quelques fondations derrière les grilles de la propriété de L'Association des Paralysés de France.). L'abbé y trouva un double avantage: la proximité avec la propriété familiale (l'abbaye et le château familial sont mitoyens) et le fait que la charge de l'abbaye n'obligeait pas à résidence.

LA VIE PARISIENNE

La proximité des châteaux (Vaux le vicomte , Fontainebleau, Versailles, Saint Assise,...) et des salons littéraires, lui a permis de rencontrer les gens de pouvoir et les gens de lettres de l'époque. Il est alors parisien (passant tout de même les derniers mois de l'année à Voisenon), et fréquente le café Procope (premier café parisien), l'Académie du bout du banc… Il retrouve Voltaire, rencontre l'abbé Bernis, Mme de Pompadour, le duc et la duchesse de Choiseul, le duc d'Orléans (tombeau dans l'église de Seine Port)…. Il devient homme de lettres, signant de nombreuses pièces de théâtre. On lui attribue partiellement ou complètement des écrits signés par d'autres (Les Favart, Mme de Graffigny…) Il est partout où l'on s'amuse, l'homme des fêtes celui que tout salon doit avoir.

COLLABORATION AVEC LES EPOUX FAVART

Voisenon
Voisenon lisant ses
anecdotes chez Mme Favart.

On peut voir sur un pastel de Quentin de la Tour un portrait de Justine Favart (musée de Saint-Quentin). Voici également des portraits de son époux. Autres portraits libres de droits.
Citons de nouveau les mémoires de Casanova : ( notons l'orthographe Chantilli du texte initial) "Les Italiens obtinrent dans ce temps-là la permission de donner sur leur théâtre des parodies d'opéras et de tragédies. Je connus à ce théâtre la célèbre Chantilli, qui avait été maîtresse du maréchal de Saxe, et qu'on appelait Favart parce que le poète de ce nom l'avait épousée. Elle chanta dans la parodie de Thétis et Pélée, de M. Fontenelle, le rôle de Tonton au milieu du bruit des applaudissements. Elle rendit amoureux de ses grâces et de son talent un homme du plus grand mérite, l'abbé de Voisenon, avec lequel je fis une connaissance aussi intime qu'avec Crébillon. Tous les ouvrages de théâtre qui passent pour être de Mme Favart et qui en portent le nom, sont de ce célèbre abbé, qui fut élu membre de l'Académie après mon départ de Paris".



Simon Favart avait déjà dû accepter que sa femme (dite à ce moment la Chantilly) soit la maîtresse du Maréchal de Saxe. A-t-il aussi fermé les yeux sur une relation de son épouse avec l'abbé de Voisenon ?

En tout cas ils vécurent ensemble, dans une propriété située à Belleville (Belle-Ville à l'époque) et financée par l'abbé.
Les chroniques font plusieurs fois référence à cette espèce de ménage à trois. La correspondance entretenue à l'époque fait état d'une vive amitié de l'abbé pour Simon Favart et d'une très grande affection pour celle qu'il appelle Sa chère Pardine ou sa nièce Pardine, rien qui ne puisse sembler équivoque…

Ces correspondances peuvent encore se lire dans le tome 3 des Mémoires et correspondances littéraires dramatiques et anecdotiques de Favart (Charles Simon) par son petit-fils, l'édition de 1808 est bien sûr difficile à trouver, en revanche, une réédition en fac similé existe aux États-Unis sur le site elibron.
La mort de Justine Favart le bouleversa, elle n'avait que 45 ans (19 ans de moins que lui) (…Je me flattais qu'elle me fermerait les yeux, et j'ai fermé les siens…) On peut lire dans les Mémoires secrets de Bachaumont "… l'indécence avec laquelle ce prêtre affiche aussi brutalement sa douleur impudique a révolté tous les dévots, et même les honnêtes gens…"

LE TREIZIEME FAUTEUIL

Comme un couronnement, est arrivée l'élection à l'Académie française en 1762, au treizième fauteuil (celui de Racine, de Pierre Loti, de Paul Claudel…).
Quelques œuvres de Voisenon La Coquette fixée (1746) comédie en 3 actes et en vers Le Réveil de Thalie (1750).
La liste des œuvres théâtrales est consultable sur la table Soleinne.
Mais c'est surtout comme conteur que l'abbé de Voisenon a connu ses plus grands succès avec, par exemple: Le sultan Misapouf et la princesse Grisemine (Une œuvre libertine pour l'époque dans un cadre prétendument oriental ) Histoire de la félicité.

Citons aussi les Anecdotes littéraires: Dans cet ouvrage, l'abbé dresse en quelques lignes, sévères pour les uns, complaisantes pour les autres, quelques traits de caractère d'hommes illustres (Cervantès, Corneille, Diderot, Favart, Fontenelle, La Fontaine, Montesquieu, Nostradamus, Voltaire…).
Livre également réédité chez elibron. Quelques œuvres de Voisenon peuvent être lues en ligne sur le site de la bibliothèque nationale française.

 

 

Une des illustrations de Pierre Rousseau du livre le Sultan Misapouf et la princesse Grisemine (édition de 1927) >>


L'ABBE DE COUR

Un ABBE dee COUR sous LOUIS XV
Même si quelques erreurs ou imprécisions figurent dans le livre Un abbé de cour sous Louis XV, l'ouvrage de Jean Comoy reste une référence essentielle sur l'abbé de Voisenon. Ce livre peut être emprunté à la bibliothèque de Voisenon.
On peut également lire "La vie authentique de M. l'abbé de Voisenon" en ligne sur le site de la bibliothèque nationale de France en consultant la revue Mercure de France de l'année 1916:
numéro 424 (pages 648 à 674)
numéro 425 (pages 105 à 125)
numéro 426 (pages 284 à 310)













LA FIN DE L'ABBE DE VOISENON

Voisenon devait beaucoup au Duc de Choiseul. Peu après la disgrâce du duc, un pamphlet circula contre lui et on l'attribua à Claude Henry de Fusée. L'abbé s'est toujours défendu d'en être l'auteur, mais la rumeur persista, ses amis l'abandonnèrent et on l'évitait. Cette affaire empoisonna la fin de sa vie. Il se retira alors dans le château de son frère en septembre 1775. Il y est mort après plusieurs semaines d'une agonie difficile le 22 novembre 1775, âgé de soixante-sept ans.
Voisenon n'est alors encore qu'un hameau de la paroisse Saint-Barthélemy de Melun.
Le curé de cette paroisse consentit à ce que le corps de l'abbé soit inhumé dans l'abbaye du Jard même "… dans la chapelle à gauche en entrant au chœur, lieu et sépulture de ses pères…".
Mais la Révolution étant passée par là, et après que les comités révolutionnaires obligent la communauté religieuse à se dissoudre, les biens (terre, fermes, bâtiments, église) furent mis en vente comme biens nationaux, bientôt l'église du Jard ne fut plus qu'un tas de pierres.
On prit la précaution de transférer la dépouille de l'abbé avec d'autres cercueils, et sarcophages en plomb, dans la chapelle du château d'Eprunes. Mais quelques mois plus tard, ils furent profanés et les ossements jetés dans une fosse commune du cimetière de Réau.

Voltaire et Voisenon

 

Dans une de ses correspondances à D’Alembert (septembre 1774), Voltaire signale une amitié de plus de quarante années avec l’abbé de Voisenon.
Il reste de cet attachement une rare correspondance étalée dans le temps.
En, ligne figurent non seulement les échanges directs entre les deux hommes mais aussi les correspondances autour de ces deux hommes.

 

 

 

 

année

 

 

1

 

Mme la Comtesse Turpin de Crissé

Voltaire encourage Voisenon enfant ?

2

1745

Voltaire à Voisenon

Le pays des amours et des perdrix.

3

1749

Voltaire à Voisenon

L'accouchement de Mme du Châtelet.

4

1749

Voltaire à Voisenon

Quelle suite funeste.

4

1755

Voltaire à La vallière

Un billet de confession.

5

 

Voisenon au sujet de Voltaire

Anecdote littéraire.

6

1756

La Vallière à Voltaire

L'abbé est une brebis égarée par l'amour.

6

1756

Voltaire à Voisenon

La grosse bergère.

7

1758

Voltaire à Voisenon

Le mandement israélite.

8

1763

Voltaire au comte d'Argental

L'affaire Callas.

9

1763

Voltaire à Voisenon

Réception à l'académie.

10

1765

Voltaire à Voisenon

L'arbuste inutile

11

1765

Voisenon à Voltaire

Vos vers immortaliserons Favart.

12

1767

Voltaire à Voisenon

Les hommes ont fait Dieu à leur image.

13

1769

Voltaire à Voisenon

Réimpression de la félicité.

13

1772

Mme la Duchesse de Choiseul à Mme Du Deffant

Des girouettes, des menaces.

13

1772

Voltaire à Voisenon

Demande pour Simon Favart.

14

1772

Voisenon à Voltaire

Mon bonheur est dans le cercueil.

14

1772

Voisenon à Voltaire

Je suis Jean qui pleure.

15

1773

Voltaire à Voisenon

Les lois de Minos trafiquées.

16

1773

Voltaire à Voisenon

Faire des vers en sortant de l'agonie.

17

1773

Voisenon à Voltaire

Prodige de tous les talents.

18

1774

Voltaire à Voisenon

Lettre d'un théologien.

19

1774

Voltaire à D'Alembert

40 ans d'attachement.

20

1774

Voltaire à Voisenon

Voltaire n'est pas content.

20

1774

Voisenon à Voltaire

Planez sur l'univers.

21

1775

Voltaire à madame de Saint Julien

Épitaphe de Voisenon par Voltaire.

22

1776

Comtesse de Turpin à Voltaire

Quiconque aime les lettres.

23

1776

Voltaire à la Comtesse de Turpin.

Correspondance brûlée.


Voisenon.com - réalisé par Fen-X ( www.henol.fr )